Mis à jour le 1 juillet 2026 8 min de lecture
Comprendre la copropriétéLe règlement de copropriété
C'est le document fondateur de toute copropriété : il fixe les droits et obligations de chacun, la répartition des charges et les règles de vie de l'immeuble. Ce qu'il contient, où le trouver, comment le modifier — et quoi faire quand il n'est pas respecté.
Un document fondateur, opposable à tous
Le règlement de copropriété est le contrat collectif de l'immeuble : il s'impose aux copropriétaires, aux locataires et aux occupants.
Prévu par l'article 8 de la loi du 10 juillet 1965, le règlement de copropriété est établi lors de la mise en copropriété de l'immeuble, presque toujours par un notaire, accompagné de l'état descriptif de division qui numérote les lots et fixe leurs tantièmes.
Sa force vient de sa publication au service de la publicité foncière : une fois publié, il est opposable à tout acquéreur, locataire ou occupant, sans qu'il soit besoin de le signer. Acheter un lot, c'est adhérer au règlement — qu'on l'ait lu ou non.
Pour le syndic bénévole, c'est l'outil de travail n° 1 : répartition des charges, majorités applicables, usage des parties communes… presque toutes les questions de gestion y trouvent leur réponse.
Que contient le règlement de copropriété ?
Quatre volets essentiels, complétés par l'état descriptif de division.
Les mentions essentielles
- La distinction entre parties privatives et parties communes (et leurs éventuels droits de jouissance exclusive)
- Les tantièmes de chaque lot — la quote-part dans les parties communes
- Les règles de répartition des charges générales et spéciales (clés de répartition)
- La destination de l'immeuble (habitation, mixte…) et les règles de jouissance
- Les règles d'administration des parties communes
- L'état descriptif de division en annexe (numérotation des lots)
Les tantièmes sont la colonne vertébrale du document : ils déterminent à la fois le poids de chaque copropriétaire au vote en assemblée générale et sa part dans les charges. Pour vérifier une répartition ou préparer un budget, utilisez notre calculateur de tantièmes et charges.
Attention à la destination de l'immeuble : cette clause discrète (« immeuble à usage exclusif d'habitation bourgeoise », par exemple) conditionne ce qu'un copropriétaire peut faire de son lot — profession libérale, location meublée touristique, commerce. C'est l'une des clauses les plus contentieuses.
Où trouver et se procurer le règlement de copropriété ?
Trois sources, du plus simple au plus formel.
- 1 Vos propres documents
Le règlement est annexé à votre acte d'achat : il vous a été remis par le notaire lors de la vente, avec l'état descriptif de division. C'est la première chose à vérifier.
- 2 Le syndic de la copropriété
Le syndic — bénévole ou professionnel — détient le règlement et ses modificatifs. Tout copropriétaire peut lui en demander une copie ; c'est aussi lui qui le transmet lors des ventes.
- 3 Le service de la publicité foncière
En dernier recours, toute personne peut demander une copie du règlement publié au service de la publicité foncière dont dépend l'immeuble, moyennant quelques dizaines d'euros par document (formulaire Cerfa dédié).
Le règlement s'impose aux occupants : le bailleur doit porter à la connaissance du locataire les clauses relatives à la jouissance de l'immeuble. En cas de doute (animaux, barbecue, local vélo), demandez l'extrait au propriétaire ou au syndic.
Et si la copropriété n'a pas de règlement ?
Le cas existe — surtout dans les petits immeubles anciens divisés « de fait ».
Un immeuble détenu par plusieurs propriétaires de lots est en copropriété de plein droit, même sans document : la loi de 1965 s'applique, avec ses règles supplétives. Mais sans règlement, tout devient friction — répartition des charges contestable, usage des communs flou, ventes ralenties (les notaires réclament le document).
La solution : faire établir un règlement. L'assemblée générale mandate un professionnel — notaire, avec l'appui d'un géomètre-expert pour l'état descriptif de division et le calcul des tantièmes — puis adopte le texte et le fait publier au service de la publicité foncière. C'est un investissement de quelques milliers d'euros qui sécurise définitivement l'immeuble.
Cas fréquent en petite copropriété : deux ou trois lots issus d'une succession, gérés « en bonne intelligence » pendant des années. Le premier désaccord — ou la première vente — révèle le vide. Mieux vaut régulariser à froid qu'à chaud.
Modifier le règlement : procédure, majorités, coût
La majorité requise dépend de ce que l'on touche — et la publication a un coût.
| Objet de la modification | Majorité requise |
|---|---|
| Adaptation aux évolutions législatives (mise en conformité) | Majorité simple — article 24 |
| Jouissance, usage et administration des parties communes | Double majorité — article 26 |
| Modification de la répartition des charges (en principe) | Unanimité, sauf exceptions légales (changement d'usage d'un lot, travaux votés…) |
| Changement de destination de l'immeuble | Unanimité |
En cas de doute sur la majorité applicable, testez votre résolution avec notre simulateur de majorités.
Côté coût, une modification votée doit être rédigée en la forme authentique puis publiée au service de la publicité foncière pour être opposable : comptez les honoraires du notaire et les frais de publication, soit le plus souvent quelques centaines à un ou deux milliers d'euros selon la complexité (un simple modificatif de clause coûte bien moins qu'une refonte avec nouveaux tantièmes, qui suppose un géomètre).
Le réflexe du syndic bénévole : grouper les modifications dans un même modificatif pour ne payer la publication qu'une fois, et libeller précisément la résolution (texte de la clause avant/après) pour éviter toute contestation du vote.
Non-respect du règlement et clauses illégales
Le règlement se fait respecter — mais il ne peut pas tout interdire.
En cas de non-respect — nuisances, encombrement des communs, activité contraire à la destination —, la gradation est toujours la même : rappel amiable, puis mise en demeure par le syndic (qui est chargé de faire respecter le règlement), puis action en justice au nom du syndicat, autorisée par l'assemblée générale. Le juge peut ordonner la cessation du trouble, la remise en état et des dommages-intérêts. Un copropriétaire peut aussi agir individuellement s'il subit un préjudice personnel.
À l'inverse, toutes les clauses ne sont pas valables. Les clauses contraires aux dispositions d'ordre public de la loi de 1965 sont réputées non écrites : elles sont censées n'avoir jamais existé, et tout copropriétaire peut le faire constater à tout moment. Exemples classiques :
- l'interdiction générale de détenir un animal familier (contraire à la loi de 1970) ;
- l'interdiction pure et simple de louer son lot ;
- les clauses d'aggravation des charges contraires aux critères légaux de répartition ;
- les restrictions aux droits des copropriétaires non justifiées par la destination de l'immeuble.
Avant d'engager le syndicat dans un contentieux, relisez la clause invoquée : si elle est réputée non écrite, l'action est perdue d'avance. Et documentez le trouble (constats, témoignages, courriers) — le dossier fait la décision bien plus que l'indignation.
Questions fréquentes sur le règlement de copropriété
Contenu, obtention, modification, non-respect : l'essentiel.
Qu'est-ce que le règlement de copropriété ?
Le règlement de copropriété est-il obligatoire ?
Où se procurer le règlement de copropriété ?
Comment modifier le règlement de copropriété ?
Combien coûte une modification du règlement ?
Que faire en cas de non-respect du règlement ?
Une clause du règlement peut-elle être illégale ?
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