Mis à jour le 2 juillet 2026 6 min de lecture

Assurance

L'assurance obligatoire en copropriété

Depuis la loi ALUR, l'assurance n'est plus un choix en copropriété : le syndicat ET chaque copropriétaire ont leur obligation propre. Qui doit assurer quoi, ce que couvre le minimum légal, et pourquoi presque toutes les copropriétés vont au-delà.

Contrat d'assurance obligatoire d'une copropriété
Art. 9-1
Loi ALUR

Ce que la loi impose : l'article 9-1

« Chaque copropriétaire est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre en sa qualité soit de copropriétaire occupant, soit de copropriétaire non-occupant. Chaque syndicat de copropriétaires est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre. »

Le texte crée donc deux obligations distinctes qui ne se remplacent pas :

  • le syndicat des copropriétaires assure sa responsabilité civile collective — celle qui est engagée de plein droit dès qu'un dommage a son origine dans les parties communes (tuile, infiltration de toiture, chute dans l'escalier) ;
  • chaque copropriétaire assure sa responsabilité civile personnelle — en tant qu'occupant s'il habite son lot, en tant que non-occupant (la fameuse « PNO ») s'il le loue ou le laisse vide.

C'est le syndic — bénévole compris — qui souscrit et maintient le contrat du syndicat : c'est l'une de ses toutes premières obligations.

Qui doit assurer quoi : le partage des rôles

Le syndicat

Obligation
RC du syndicat (art. 9-1) — souscrite par le syndic
Couvre
Les dommages causés aux tiers et copropriétaires par les parties communes
En pratique
Étendue en multirisque immeuble qui couvre aussi le bâti

Le copropriétaire

Obligation
RC occupant (s'il habite) ou RC non-occupant / PNO (s'il loue ou lot vide)
Couvre
Les dommages causés par son lot privatif (fuite chez le voisin, incendie parti de chez lui)
En pratique
Incluse dans la multirisque habitation de l'occupant ; contrat PNO dédié pour le bailleur

Le locataire

Obligation
Risques locatifs (loi de 1989) — exigée par le bail
Couvre
Incendie, explosion, dégât des eaux causés au logement loué
En pratique
Attestation annuelle remise au bailleur ; à défaut, le bailleur peut assurer pour son compte
Le rôle du syndic bénévole

Le syndic n'a pas à contrôler les assurances individuelles — mais rappeler l'obligation de l'article 9-1 dans la convocation d'AG annuelle coûte une ligne et évite le scénario noir : un sinistre entre lots dont l'un n'est pas assuré.

RC seule ou multirisque immeuble : que choisir ?

Le minimum légal ne couvre que la responsabilité — pas l'immeuble lui-même.

Une copropriété assurée « au strict article 9-1 » est en règle… et très mal protégée : si la toiture brûle, la RC n'indemnise que les dommages causés aux autres — pas la reconstruction du toit. C'est pourquoi la quasi-totalité des copropriétés souscrit une multirisque immeuble.

Les garanties d'une multirisque immeuble solide

  • Responsabilité civile du syndicat (le socle légal)
  • Incendie, explosion, foudre sur le bâti commun
  • Dégâts des eaux — le sinistre n° 1 en copropriété (convention IRSI)
  • Événements climatiques et catastrophes naturelles
  • Bris de glace des parties communes et vandalisme
  • La RC des bénévoles de la copropriété (syndic bénévole, conseillers syndicaux) — vérifier qu'elle est incluse
  • Options selon l'immeuble : protection juridique, dommages électriques, garantie des impayés de charges

Côté budget, comptez le plus souvent 2 à 5 € par m² et par an selon l'âge du bâtiment, la localisation et la sinistralité — le détail et les leviers d'économie sont sur notre page assurance copropriété.

Que risque une copropriété non assurée ?

La loi ne prévoit pas d'amende — le risque est pire que la sanction :

  • un sinistre non couvert se répartit entre tous les copropriétaires, aux tantièmes : une toiture à 80 000 € dans une copro de 10 lots, c'est 8 000 € d'appel de fonds immédiat chacun, sans recours ;
  • la responsabilité personnelle du syndic — bénévole compris — est engagée pour ne pas avoir souscrit l'assurance obligatoire du syndicat ;
  • les ventes se grippent : l'attestation d'assurance de l'immeuble fait partie des documents attendus par les notaires ;
  • en cas de sinistre impliquant un tiers (passant blessé), le syndicat indemnise sur ses fonds propres — c'est-à-dire sur appels de fonds exceptionnels.
Reprise de copropriété

Premier réflexe du syndic bénévole : vérifier le contrat

En reprenant une copropriété, exigez l'attestation en cours de validité et vérifiez trois points : le contrat est bien au nom du syndicat (pas d'un copropriétaire), les montants de garantie correspondent à l'immeuble, et la prime est payée. Une police résiliée pour impayé sans que personne ne le sache — c'est le grand classique des copros mal gérées.

Se mettre en conformité : la marche à suivre

  1. 1
    Faire l'état des lieux

    Contrat existant, garanties, franchise, sinistralité des 3 dernières années : le dossier de base pour comparer utilement.

  2. 2
    Comparer des devis à garanties équivalentes

    Deux ou trois propositions d'assureurs spécialisés copropriété, comparées poste à poste par le conseil syndical — la mise en concurrence est aussi son rôle.

  3. 3
    Faire voter en assemblée générale

    La souscription (ou le changement) du contrat d'assurance de l'immeuble se présente au vote avec les devis joints à la convocation.

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FAQ

Questions fréquentes sur l'assurance obligatoire

Qui, quoi, quels risques : l'essentiel.

L'assurance est-elle obligatoire en copropriété ?

Oui, depuis la loi ALUR (article 9-1) : le syndicat doit assurer sa responsabilité civile, et chaque copropriétaire la sienne — en qualité d'occupant ou de non-occupant (PNO).

Qui souscrit l'assurance de l'immeuble ?

Le syndic — professionnel ou bénévole — au nom du syndicat des copropriétaires, après vote en assemblée générale. Le contrat couvre les parties communes et la responsabilité collective.

La PNO est-elle obligatoire pour un copropriétaire bailleur ?

Oui : l'article 9-1 impose au copropriétaire non-occupant d'assurer sa responsabilité civile. Le contrat PNO couvre en outre les périodes de vacance locative et les défauts d'assurance du locataire.

La multirisque immeuble est-elle obligatoire ?

Non — seule la responsabilité civile l'est. Mais la RC seule ne couvre pas le bâti : en pratique, quasiment toutes les copropriétés souscrivent une multirisque (incendie, dégâts des eaux, climatique).

Que risque une copropriété sans assurance ?

Aucune amende, mais tout sinistre se répartit entre les copropriétaires aux tantièmes, la responsabilité du syndic est engagée et les ventes de lots se compliquent.

L'assurance couvre-t-elle le syndic bénévole lui-même ?

Souvent, oui : la plupart des multirisques immeuble récentes incluent (parfois en option) la RC des bénévoles de la copropriété — syndic bénévole et conseillers syndicaux. À vérifier au contrat.
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