Mis à jour le 2 juillet 2026 7 min de lecture
Changer / quitterChanger de syndic de copropriété
Honoraires qui grimpent, gestion défaillante, envie de reprendre la main : changer de syndic est un droit — et une procédure balisée. Les 4 étapes, la révocation en cours de mandat, la passation et ses délais légaux.
Pourquoi — et quand — changer de syndic ?
Le mandat d'un syndic est limité à trois ans (un an pour un syndic « provisoire ») : chaque renouvellement est une occasion de changer.
Le coût
La gestion
L'autonomie
Le moment naturel est la fin de mandat : le contrat du syndic arrive à échéance, l'assemblée générale élit son successeur — aucune justification à donner, aucun préavis à respecter. Le changement en cours de mandat (révocation) est possible aussi, mais il obéit à des règles plus strictes (voir plus bas).
Depuis la loi ALUR, le conseil syndical doit d'ailleurs procéder à une mise en concurrence du contrat de syndic avant chaque renouvellement — le changement n'est donc pas une démarche hostile : c'est le fonctionnement normal du marché.
Changer de syndic à échéance : la procédure en 4 étapes
- 1 Mettre en concurrence et choisir les candidats
Le conseil syndical sollicite plusieurs projets de contrat (syndics pros, syndic en ligne… ou candidature d'un copropriétaire bénévole) et compare honoraires et prestations à périmètre égal.
- 2 Faire inscrire la question à l'ordre du jour
Les projets de contrat des candidats sont notifiés au syndic en place avant l'envoi de la convocation, pour inscription à l'ordre du jour de l'AG avec les documents joints. Le syndic ne peut pas refuser.
- 3 Voter en assemblée générale — majorité de l'article 25
L'élection du nouveau syndic se vote à la majorité absolue de l'article 25, avec la passerelle de l'article 25-1 (second vote à la majorité simple si un candidat obtient au moins un tiers des voix). Vérifiez avec notre simulateur de majorités.
- 4 Organiser la prise de fonction
Le nouveau mandat démarre à la date fixée par l'AG (souvent le lendemain de la fin de l'ancien). L'ancien syndic transmet fonds, documents et archives dans les délais légaux — c'est la passation, détaillée ci-dessous.
Calez la fin de l'ancien mandat et le début du nouveau au jour près dans la résolution : deux mandats qui se chevauchent = double honoraires ; un trou entre les deux = copropriété sans représentant légal.
Révoquer le syndic en cours de mandat
L'assemblée générale peut mettre fin au mandat à tout moment, par un vote à la majorité de l'article 25 : inscription de la révocation ET de l'élection du remplaçant au même ordre du jour, pour éviter toute vacance.
La nuance est financière : la révocation doit reposer sur un motif légitime — faute de gestion caractérisée (comptes non tenus, AG non convoquée, sinistre non déclaré, mise en concurrence sabotée…). Une révocation jugée abusive (sans motif sérieux, pour pure convenance) expose le syndicat à verser des dommages-intérêts au syndic évincé, souvent l'équivalent des honoraires restant à courir.
Révoquer sans motif sérieux coûte cher
Avant de voter une révocation, documentez la défaillance : courriers restés sans réponse, mises en demeure, PV mentionnant les manquements. Si le dossier est mince, attendre l'échéance du mandat est presque toujours plus économique.
La passation : documents, fonds et délais légaux
L'ancien syndic n'a pas le choix : la loi fixe ce qu'il doit remettre, et quand.
-
Sous 15 jours
La situation de trésorerie
À compter de la cessation de ses fonctions : situation de trésorerie, références des comptes bancaires du syndicat et coordonnées de la banque. -
Sous 1 mois
L'ensemble des documents et archives
Fonds disponibles, règlement de copropriété, carnet d'entretien, contrats, PV d'assemblées, fiches individuelles des copropriétaires — tout le dossier de la copropriété. -
Sous 2 mois
Le solde et l'état des comptes
Après apurement : versement du solde des fonds et état des comptes des copropriétaires et du syndicat. -
En cas de blocage
La mise en demeure, puis le juge
Le nouveau syndic (ou le président du conseil syndical) met en demeure ; à défaut, le tribunal peut ordonner la remise sous astreinte, avec dommages-intérêts.
La checklist de reprise du nouveau syndic
- Situation de trésorerie et comptes bancaires (transfert ou nouveau compte séparé)
- Règlement de copropriété, état descriptif et PV des AG passées
- Contrats en cours : assurance, maintenance, fournisseurs — et leurs échéances
- Carnet d'entretien et diagnostics techniques
- État des impayés et procédures en cours
- Mise à jour du registre d'immatriculation (nouveau représentant légal)
Et si le prochain syndic, c'était vous ?
Changer de syndic professionnel pour un autre professionnel règle rarement le problème de fond dans une petite copropriété : les honoraires restent, la distance aussi. La vraie alternative est souvent la gestion non professionnelle — un copropriétaire élu syndic bénévole, ou le syndicat coopératif si plusieurs volontaires s'impliquent.
La procédure est exactement la même : candidature inscrite à l'ordre du jour, vote à l'article 25, passation. La seule différence est dans la colonne « honoraires » du budget suivant.
Créer un syndic bénévole : le guide complet
De l'élection en AG aux premières démarches, pas à pas.
Questions fréquentes sur le changement de syndic
Procédure, révocation, passation, coût : l'essentiel.
Comment changer de syndic de copropriété ?
Peut-on changer de syndic en cours de mandat ?
Combien coûte un changement de syndic ?
Quels sont les délais de transmission des documents ?
Que faire si l'ancien syndic ne transmet pas les documents ?
Peut-on remplacer un syndic professionnel par un syndic bénévole ?
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